Azzeddine Toufiqui : « J’ai reparlé avec Mbappé de son stage à Caen »

crédit photo : Vincent Michel - Icon Sport
crédit photo : Vincent Michel - Icon Sport
Il vient de finir champion de D2 néerlandaise et s’apprête à effectuer ses débuts en première division, demain (20h) sur la pelouse du PSV Eindhoven. Azzeddine Toufiqui, passé par le SM Caen en équipes de jeunes (2005-2015) puis revenu en professionnel (2019-2021), raconte sa nouvelle vie aux Pays-Bas, évoque Kylian Mbappé et revient sur ce qui n’a pas marché au Stade Malherbe.
 

Tu sors de la première saison pleine de ta carrière professionnelle, avec le FC Emmen, en deuxième division aux Pays-Bas. Comment tu la résumerais ?

Franchement, pour une première année c’était magnifique. Au début ça n’était pas facile de jouer à l’étranger, à cause de l’adaptation à la langue et ce genre de petites choses. Mais au fur et à mesure tout s’est bien passé, car on a vite gagné des points et des matchs. Le coach m’a fait confiance et j’ai su faire mes preuves, j’ai joué pas mal de matchs et j’ai même marqué un but qui a beaucoup tourné, un extérieur du pied. Nous avons fini champions, et nous sommes montés en première division.

À l’origine, ce choix de destination a un peu surpris. Est-ce que le football néerlandais convient à tes qualités ?

J’avais plusieurs offres, et pour moi c’était la meilleure, même en D2. J’ai joué la plupart des matchs en 10, derrière l’attaquant, et parfois le coach me mettait ailier dans un système où je rentrais à l’intérieur. J’aime bien le style de jeu, ça correspond à mon profil.

Tu avais signé pour un an, tu t’es retrouvé libre au 1er juillet et tu as choisi de continuer à Emmen en Eredivisie. C’était ta priorité de t’inscrire sur la durée ?

J’avais d’autres offres mais j’ai prolongé parce que ça m’intéressait de pouvoir évoluer en première division avec Emmen. C’est un bon challenge, la D1 néerlandaise. Ce week-end on commence la saison en jouant le PSV Eindhoven ! On se prépare, ça va aller, on va faire le taf. Cette année l’objectif va être le maintien. Et pour ma part, j’espère disputer beaucoup de matchs cette saison et atteindre mes objectifs personnels, marquer et donner beaucoup de passes décisives. Franchement Emmen est un bon petit club, il y a une bonne ambiance.

C’est au nord du pays, loin des grandes villes des Pays-Bas. Tu t’y plais là-bas ?

C’est une petite ville tranquille, sympathique, il y a des trucs à faire. On est à côté de l’Allemagne et à deux heures d’Amsterdam. Ça va, c’est pas mal.

« J’ai vraiment beaucoup appris au PSG, surtout avec les consignes de Tuchel. Quand tu côtoies Verratti ou Draxler et qu’ensuite tu redescends avec la réserve, tout est beaucoup plus simple. »

Azzeddine Toufiqui
À bonne école.


 

Tu as grandi à Hérouville, tu as intégré le Stade Malherbe très jeune, puis tu as fait le choix de rejoindre le PSG en U17. Qu’est-ce qui t’a décidé à partir là-bas ?

Mes années en jeune à Malherbe (où il côtoie notamment Jessy Deminguet, Jean-Victor Makengo ou Yann Karamoh), ce sont mes meilleurs souvenirs ! Les tournois et tout ça. Et après, j’ai quitté le club par rapport à mon frère Sabri. Il est parti (à Rennes en 2015), et du coup je suis parti en même temps. Le PSG est venu et m’a présenté un beau projet. Ils me proposaient de disputer la Youth League, la Ligue des Champions des jeunes. Puis des gros tournois, on en a fait un au Qatar par exemple. Avec mon entourage on savait que ce serait difficile de jouer avec l’équipe première, mais pour un jeune le projet était bon. Avant de signer mon premier contrat je devais aller à Dortmund, mais finalement j’ai signé pro au PSG. Tuchel était proche des jeunes et il m’aimait bien, donc je faisais les préparations avec l’équipe première, il m’emmenait aux tournées en Chine, puis il m’a même appelé deux fois dans le groupe en Ligue 1 (en février 2019, sans entrer en jeu). Je m’entraînais souvent avec les pros, c’était une expérience magnifique. Avec les Mbappé, Neymar, tout ça…

En restant à Malherbe, tu aurais pu connaître la Ligue 1 très tôt. Tu penses que ça a été plus formateur pour toi de t’entraîner avec des top joueurs mondiaux mais de jouer le week-end en National 2 ?

J’ai vraiment beaucoup appris au PSG, surtout avec les consignes de Tuchel. Quand tu côtoies Verratti ou Draxler, et qu’ensuite tu redescends avec la réserve, tout est beaucoup plus simple. Tu t’inspires, tu apprends beaucoup. J’échangeais avec les plus jeunes du groupe, comme Rabiot ou Kimpembe qui me donnaient des conseils, et forcément je les écoutais. J’ai même reparlé avec Mbappé de l’époque où il avait fait un stage à Caen, quand on avait disputé un tournoi ensemble à la Beaujoire. Il était mort de rire !

Le fait qu’il y ait un tel écart de niveau entre les groupes réserve et professionnel au PSG, ce n’était pas trop frustrant pour un jeune comme toi ?

On le sait, c’est difficile de gratter du temps de jeu quand on est un jeune au PSG. Si le coach t’appelle tu réponds présent, mais tu sais que ça va être très difficile de jouer. En plus le PSG a fini par supprimer sa réserve (sur décision d’Antero Henrique, à l’été 2019) et c’est pour ça que je suis parti, alors qu’il me restait une année de contrat. Yohan Eudeline a appelé mes agents de l’époque, lui et le président Fabrice Clément me voulaient à Caen.

Cet été-là tu as été annoncé à l’étranger, et finalement tu as signé à Caen le dernier jour du mercato. C’était le bon choix de revenir chez toi ?

Fabrice Clément m’avait proposé un bon projet, avec une remontée en Ligue 1. Tout était bien, j’ai signé trois ans. Le coach Rui Almeida me voulait, mais je ne l’ai vraiment pas côtoyé beaucoup, parce qu’on a perdu plusieurs matchs et ils l’ont licencié même pas un mois après mon arrivée. Il avait son système mais ça ne marchait pas. Puis ils ont ramené Pascal Dupraz, et ça s’est compliqué.

À part une demi-heure en Coupe de France contre des amateurs, Pascal Dupraz ne t’a jamais donné ta chance. Mais tu as toujours été réputé pour tes qualités techniques et ton rôle dans une équipe de possession, alors qu’il semblait privilégier les profils athlétiques et le jeu vertical.

Oui ça devait être ça, il était plus dans le « charbon ». J’ai l’impression qu’il nous a mis dans le loft dès la première séance, parce que je n’ai jamais vraiment compris ce qui avait pu se passer. Mais je n’ai jamais eu de souci avec lui humainement, il ne comptait juste pas sur moi et c’est tout. Il ne s’est jamais rien passé, on se parlait normalement. C’étaient ses choix et il fallait les respecter.

« Les anciens comme Rémy Riou ou Anthony Gonçalves venaient parfois me voir pour me demander pourquoi je n’étais pas au moins dans le groupe. »

Azzeddine Toufiqui
Fait les frais du management à la Dupraz.


 

En plus tu étais très bon avec la réserve, mais le N2 a vite été arrêté à cause du Covid. Ensuite tu t’es entraîné avec Orléans en National, un prêt a été annoncé puis finalement tu es revenu à Caen… Est-ce que toute cette situation n’a pas été trop dure à gérer pour toi ?

Un peu, si. Quand la réserve a été arrêtée par le Covid, Yohan Eudeline m’a dit qu’ils allaient me trouver un prêt et j’étais d’accord. Je suis arrivé à Orléans et le coach m’a dit qu’il cherchait un joueur plus défensif, donc qu’il ne voulait pas de moi… Je suis revenu à Caen. Puis finalement Dupraz a été renvoyé et Fabrice Vandeputte, que je connaissais de la réserve, a repris l’équipe.

Sur tes deux ans, tu n’as jamais pu enchaîner les matchs et montrer tes qualités avec les pros. Qu’est-ce qui t’a manqué pour t’imposer à Malherbe ?

Franchement, je ne sais pas. Peut-être le côté athlétique. Mais je pense que c’est surtout une question de coach, par rapport aux profils qu’il attendait. Le club aurait gardé Rui Almeida, je serais resté avec le groupe pro. Vandeputte m’a souvent pris dans le groupe et m’a fait entrer en jeu plusieurs fois. En plus je travaillais bien aux entraînements, et les anciens comme Rémy Riou ou Anthony Gonçalves venaient parfois me voir pour me demander pourquoi je n’étais pas au moins dans le groupe. Pas forcément pour jouer, mais au moins pour faire partie du groupe. Je leur répondais que c’était le choix du coach, et que je le respectais. Les fois où j’allais jouer en réserve avec Vandeputte, je m’éclatais et voilà. Avec la réserve, on a fini champions de National 3 (en 2019-2020). Et même si j’ai peu joué avec l’équipe première pendant ces deux ans, j’ai au moins appris ce qu’était le monde professionnel.

Tu continues à suivre le club ? Parce que Samuel Essende avec qui tu as joué à Paris vient de rejoindre Malherbe cet été. Est-ce que tu peux nous parler un peu de lui ?

Je regarde tout le temps, c’est normal, c’est le club de chez moi ! Samuel je jouais souvent avec lui en réserve, et c’est un bon gars, un bon attaquant, athlétique. J’espère qu’il va marquer plein de buts cette saison ! Et même au-delà de lui, le club a fait de bonnes recrues. J’espère qu’ils vont monter cette année. Caen ce sera toujours pareil pour moi : c’est dans le cœur. C’est chez moi, là où j’ai ma famille, où j’ai commencé tout petit. J’en profite d’ailleurs pour remercier le club pour ces deux ans que j’ai passés, tous les supporters, tous les salariés. Et j’espère que Malherbe montera cette saison. Je le leur souhaite de toutes mes forces.

partager cet article

Partager sur twitter
Partager sur facebook

à lire aussi...

Les notes des joueurs caennais après la victoire face à Metz (1-0)
László Bölöni : « Caen a fait preuve de beaucoup de courage »
Caen – Metz meilleure affluence de la 2e journée de Ligue 2

Contact / La rédaction / Mentions légales – Copyright 2020 Malherbe inside © Tous droits réservés.