La grande évaluation du mercato d’été malherbiste

crédit photos : Malherbe inside et Icon Sport
crédit photos : Malherbe inside et Icon Sport

Une semaine après la clôture du marché des transferts, l’heure est désormais au bilan. Avec 9 arrivées (sans compter les retours de prêt) mais également 15 départs, Malherbe s’est montré plus qu’actif pendant l’intersaison. Mais le club normand a-t-il réussi ses emplettes ? Timing, homogénéité du groupe, capacité à conserver les cadres… on a évalué le mercato caennais sur plusieurs critères.

🕑 Le timing : 8/10

Sur neuf renforts arrivés de l’extérieur, huit ont intégré l’équipe dès le mois de juin. En parallèle, aucun joueur convié au stage de préparation du groupe professionnel n’a été concerné par un départ. Du jamais vu depuis bien longtemps au Stade Malherbe.

Échaudé par des fins de mois d’août hyperactives et souvent indécises, l’organigramme sportif a pris les devants cette année, avec une idée claire de ce qu’il désirait pour ne pas perdre de temps dans la préparation. L’échec de certaines pistes a certes empêché des renforts de venir combler des manques en dernière minute, mais constituer le groupe suffisamment tôt dans l’été a forcément facilité le bon début de saison comptable des Caennais.

🤝 Les recrues : 7/10

Pour ce cinquième mercato géré conjointement, Olivier Pickeu et Yohan Eudeline ont su se montrer malins dans leurs emplettes. En se positionnant sur des joueurs libres de plus petits clubs de Ligue 2, à qui ils ont proposé un challenge de haut de tableau (Quentin Daubin, Emmanuel Ntim, Johann Obiang). Ainsi que des membres de clubs de Ligue 1 arrivant en fin de contrat, à qui ils ont garanti un rôle plus important et un temps de jeu plus conséquent que ce qu’ils auraient pu espérer à l’étage au-dessus (Romain Thomas, Anthony Mandrea, Iyad Mohamed). Avec en bonus, le renfort d’un Godson Kyeremeh de retour de prêt et déjà décisif (2 buts).

L’effectif a donc été renouvelé à moindres frais, puisque seuls Samuel Essende et Bilal Brahimi ont coûté de l’argent, autour du million d’euros à eux deux. Et sans prêt jusqu’à l’arrivée de Hianga’a Mbock, ce qui répond sans doute à une volonté de constituer un groupe sur la durée. Mais aussi de ne pas travailler pour les autres, après avoir vu Nuno Da Costa rapporter entre 1 et 2M€ à Nottingham Forest grâce à sa belle saison dernière…

⭐ La capacité à conserver les cadres : 6/10

Bien vendu selon certains, avec sa seule année de contrat restante, bradé pour d’autres, compte tenu de son potentiel et des prétendants annoncés, les 6,75M€ bonus compris versés par l’Olympique Lyonnais pour Johann Lepenant représentent la seule nouvelle entrée d’argent de l’été. Le club et les supporters s’étaient résignés à perdre le Granvillais, joueur majeur devenu trop gros pour Malherbe. Le dossier a été bouclé au mieux, dès le mois de juin. Ce fut moins le cas pour Nuno Da Costa dont l’indécision a fait espérer direction et supporters jusqu’aux derniers instants, avant de finalement opter pour un promu de Ligue 1 début août.

Lui aussi courtisé avec insistance dans l’élite, Ali Abdi a préféré pousser à Caen jusqu’en 2025. Un engagement sur la durée qui tombe à pic pour le gaucher tunisien arrivé l’an dernier, auteur d’un début de saison enthousiasmant à quelques semaines seulement d’une Coupe du Monde où il rencontrera la France en poule. Hugo Vandermersch (2026), plus ancien Caennais dans le onze-type du début de saison, a également été concerné par cette volonté de conserver les forces vives. De même que Yoann Court (2023), qui a signé une prolongation d’un an. Celle d’Ibrahim Cissé, en fin de contrat l’été prochain, se fait en revanche attendre. En bonne voie d’après la communication du club, rien d’officiel n’a été annoncé à l’heure actuelle.

Resté en Normandie malgré un statut de troisième meilleur buteur de Ligue 2 l’an dernier, aucune offre concrète n’a filtré pour Alexandre Mendy qui continue l’aventure. Quant à Jessy Deminguet, déçu de ne pas avoir vu ses fortes envies d’ailleurs se concrétiser malgré des intérêts poussés en Ligue 1, il réintègre le groupe maintenant que le mercato est clos. Profil non remplacé dans sa faculté à alimenter les offensifs, le dernier joueur de l’effectif à avoir connu la Ligue 1 en rouge et bleu dispose de toutes les qualités pour retrouver sa place dans le onze. Mais après avoir vécu un tel feuilleton, dans quel état physique et mental se trouvera l’ex-capitaine lors des semaines à venir ? Si tout le monde en Basse-Normandie garde en mémoire sa très bonne deuxième moitié de saison dernière, celle-ci reste intimement liée à l’émergence de Nuno Da Costa qui lui avait permis de mettre en valeur ses qualités après un début d’exercice plus poussif.

🏋️ Le dégraissage : 8/10

Parmi les autres départs secs, des joueurs ayant connu la Ligue 1 (Oniangué, Armougom), ayant rejoint le club sous Fabrice Clément en tant que cadres du projet de remontée immédiate (Riou, Gonçalves, Rivierez), ou n’étant pas parvenus à convaincre le staff (Gioacchini, Fouda, Shamal). Ceux qui n’étaient pas en fin de contrat au 30 juin ont été libérés de leurs obligations moyennant des pourcentages à la revente, et le groupe s’est affiné sans aucun départ majeur ou inattendu.

Le SMC poursuit ainsi la refonte de son effectif, plus resserré, avec l’avantage d’avoir réduit considérablement le nombre d’indésirables (reste seulement Franklin Wadja, longtemps blessé), et de compter en très grande majorité des joueurs choisis par la direction et validés par le staff.

👶 La gestion des jeunes : 7/10

Au rayon des prêts sortants, pas de traces de Jason Ngouabi resté sur le carreau, mais Sullivan Péan, Andréas Hountondji, Ilyes Najim et Zeidane Inoussa sont partis chercher du temps de jeu dans des clubs de moindre envergure. Le gardien est actuellement titulaire chez le co-leader du National, les trois joueurs de champ grappillent des minutes dans la rotation offensive, et tous caressent l’espoir de reproduire la trajectoire de Godson Kyeremeh, revenu à Malherbe pour jouer les premiers rôles après avoir fêté une promotion et une récompense de révélation du National.

L’ancien d’Annecy vient d’ailleurs tout juste de prolonger son contrat jusqu’en 2025, suivant l’exemple de la génération finaliste de la Gambardella, dont la majorité des belles promesses a été sécurisée ces derniers mois (Brahim Traoré, Noé Lebreton, Mohamed Hafid, Norman Bassette, Diabé Bolumbu, Tidiam Gomis). Utile pour assurer l’avenir de l’équipe tout autant que pour gonfler le montant des futures ventes. Même si avant d’être acclamés à nouveau sur la pelouse de d’Ornano, la plupart fouleront d’abord celle de l’annexe pour une mission maintien en N2 de tous les dangers.

👨‍👨‍👦  Homogénéité du groupe : 6/10

L’effectif dans son ensemble paraît plus étoffé et plus homogène que les années précédentes, avec des doublures de qualité pour la Ligue 2, une défense renforcée par un jeune gardien international et une charnière des plus solides. Si le non-départ de Deminguet agrémente l’entrejeu d’un profil qui a fait défaut sur les premières journées, des interrogations subsistent tout de même à chaque ligne.

Derrière, le manque d’un piston droit de métier se fait sentir. Hugo Vandermersch, vrai soldat du club, se montre irrégulier en ce début de saison et a du mal à tenir la comparaison avec son homologue à gauche. Ne pas être allé chercher un contre-attaquant de métier pour le seconder voire le concurrencer pourrait s’avérer dommageable. Intéressant à ce poste au printemps bien que formé au milieu, Lamine Sy aurait pu être celui-ci. Mais il n’a jamais été utilisé à droite pendant la préparation et semble loin du onze de départ dans l’esprit de l’entraîneur caennais.

Au milieu, l’abondance de profils à vocation défensive avec Daubin, Diani, Mohamed et Mbock, sans oublier le jeune Lebreton, intrigue dans un schéma à trois centraux qui peut se contenter d’un seul récupérateur. Appelé en dernière minute pour combler un manque peu évident, le recrutement du Brestois Hianga’a Mbock étonne au regard de son profil très similaire à Diani, utile défensivement mais peu à l’aise à la construction. Même si l’on comprend que le staff ne semble pas compter dans l’immédiat sur Iyad Mohamed, jugé encore trop juste pour la Ligue 2.

Mais le manque le plus prégnant se situe peut-être dans la création. Brahimi a encore besoin de temps pour s’affirmer, Court et Zady Sery sont fragiles et inconstants, Da Costa n’a pas été remplacé et c’est toute l’équipe qui semble déséquilibrée vers l’arrière. Précieux autant pour percer des blocs regroupés que pour accélérer les transitions, le Cap-Verdien a enflammé la fin de saison dernière et son profil fait défaut. Sans parler de son association fructueuse avec un Alex Mendy plus esseulé, qui semble subir le contrecoup de son exceptionnelle saison dernière. « Pour le secteur offensif, on verra au mercato d’hiver » confiait le président Pickeu la semaine dernière à Ouest-France. Espérons qu’Essende et Kyeremeh, deux bons joueurs qui ont encore du mal à se situer, se révéleront indispensables avant janvier.

📝 Bilan : 7/10

À en croire les compositions du début de saison, 5 à 6 recrues figurent déjà dans le onze de départ avec Mandrea, Thomas, Daubin, Essende, Ntim (peu utilisé car diminué puis blessé) voire Brahimi (en alternance avec Court, blessé, et Zady Sery, diminué). Avec des résultats très convenables sur les sept premières journées, ce mercato est déjà un succès en matière de renouvellement d’effectif. Sur le plan de la variété des profils, le succès est en revanche moins assuré. Pour l’heure, Stéphane Moulin semble fidèle à ce système en 3-5-2 qui le rassure derrière et met en orbite Ali Abdi. À la lueur des dernières semaines, le risque est toutefois réel de manquer de créativité et de complémentarité dans son duo de pointes, ainsi que d’une caution technique capable de rapprocher milieu et attaque. Un second registre dans lequel Jessy Deminguet, convié à l’entraînement professionnel après s’être préparé avec la réserve, est attendu de pied ferme.

Mais en définitive, les dernières sorties des Malherbistes ont confirmé que le point le plus crucial ne résidait pas tant dans les choix d’hommes que dans les choix d’animation et les intentions. Pressings hauts et circuits de passes travaillés seront nécessaires pour prendre l’ascendant face aux adversaires qui attendront Malherbe dans leurs trente derniers mètres. La qualité individuelle est présente au sein de l’effectif pour appliquer un tel plan. Reste à proposer des réponses collectives à la hauteur d’une course à la montée qui promet d’être encore plus homogène que prévu.

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