Que deviennent les anciens caennais partis du club cet été ?

crédit photo : Vincent Poyer - Icon Sport
crédit photo : Vincent Poyer - Icon Sport

Souvenez-vous l’été 2021. Dans un contexte économique délicat en raison de la crise sanitaire et des droits télés, Yohan Eudeline et les dirigeants malherbistes se fixaient comme premier objectif de dégraisser un effectif pléthorique. Finalement, le SM Caen se sera séparé de 17 joueurs professionnels, au cœur d’un mercato estival particulièrement agité. Parmi eux, dix avaient pris part à au moins une rencontre de Ligue 2 la saison dernière. On a pris des nouvelles de tout ce petit monde.

Ils enchaînent les matchs

Jessy PI (Dijon FCO, Ligue 2)

Courtisé par Auxerre et un Jean-Marc Furlan qui le connaît bien, l’ancien Troyen et Brestois libre de tout contrat a préféré opter pour le projet de remontée immédiate monté par le DFCO, au milieu d’un recrutement constellé de joueurs associés un jour ou l’autre au SMC : Mickaël Le Bihan, Valentin Jacob, Daniel Congré, Lucas Deaux, Christopher Rocchia, Romain Philippoteaux… L’ex-Toulousain formé à Monaco s’est affirmé comme un homme de base du collectif bourguignon, titulaire lors de quinze journées de Ligue 2, et compte une passe décisive au compteur.

Redressés par Patrice Garande après des débuts catastrophiques sous David Linarès, les Dijonnais sont à l’heure actuelle 13e avec un point d’avance sur les Caennais. Mais qu’en serait-il sans Gaël Angoula ? Présent à défaut d’être précieux, suffisant pour la Ligue 2 mais pas assez déterminant pour voir plus haut, Jessy entame sa carrière dijonnaise dans la continuité de ses deux années normandes. Et semble bel et bien à sa place dans le ventre mou de l’antichambre.

Alexis BEKA BEKA (Lokomotiv Moscou, D1, Russie)

À l’issue d’une saison éprouvante pour le collectif caennais au sein duquel il a su tirer son épingle du jeu, Alexis Beka Beka a eu la surprise d’être invité aux Jeux Olympiques par Sylvain Ripoll, où il a pris part à toutes les rencontres. Suffisant pour susciter les convoitises de nombreux clubs. C’est finalement le Lokomotiv Moscou qui aura les faveurs de l’ancien de Verson, contre la coquette somme de 7 millions d’euros bonus compris. Un choix qui avait suscité l’incompréhension de nombreux observateurs, alors que le jeune milieu était courtisé en France par l’OGC Nice et en Espagne par… l’Atlético de Madrid. Rien que ça.

Beka Beka s’était finalement laissé séduire par le discours et le projet de Ralf Rangnick, ancien responsable de la stratégie du groupe Red Bull à Leipzig et Salzbourg. « Je suis sûr à 100% que mon choix est le bon« , avait-il déclaré quelques semaines après son transfert. Mais depuis, Rangnick s’est engagé comme entraîneur principal de Manchester United. L’ancien milieu de terrain caennais s’est tout de suite imposé comme titulaire et a disputé 16 matchs toutes compétitions confondues (3 passes décisives). Il a même été appelé pour la première fois avec l’équipe de France Espoirs. En revanche, son club a déjà été éliminé de l’Europa League et semble à la peine en championnat (6e sur 16). Reste à savoir dans quelle mesure le projet du Lokomotiv sera impacté par le départ du théoricien allemand.

Steeve YAGO (Aris Limassol, D1, Chypre)

Arrivé l’été dernier au terme de son bail de deux ans dans le Calvados, l’international burkinabè a rallié début juillet le championnat chypriote, renforçant les rangs du promu de l’Aris Limassol pour sa première expérience hors de France. Aujourd’hui troisième à deux points du leader, aux côtés notamment de Kevin Monnet-Paquet et de l’ancien canari Mariusz Stepinski, le grand ami de la cheville de Neymar semble apporter satisfaction à son entraîneur, puisque sur les quinze rencontres de son club cette saison il vient d’en disputer quatorze, dont douze dans leur intégralité.

Il sera toutefois absent pour la reprise du championnat, pour cause de participation à la CAN avec le Burkina Faso. Appelé en sélection depuis 2013, le latéral de 29 ans fait partie des plus capés de l’effectif des Étalons, qui joueront le match d’ouverture ce dimanche 17h face au pays-hôte camerounais, avant de rencontrer l’Éthiopie et le Cap-Vert.

Adama MBENGUE (LB Châteauroux, National 1)

Après plusieurs saisons compliquées en Normandie, où il n’aura presque jamais réussi à s’imposer comme titulaire, Adama Mbengue a choisi de redescendre d’un échelon pour relancer sa carrière. Un projet ambitieux à Châteauroux, fraîchement racheté par le richissime prince saoudien Abdallah ben Moussaed. Et malgré un début de saison plutôt décevant sur le plan collectif, qui a débouché sur le licenciement de l’entraîneur Marco Simone, notre ancien Malherbiste s’épanouit pleinement.

Avec 16 matchs, deux buts et deux passes décisives, il réalise une première partie de saison pleine en National 1 : « C’est sans doute le meilleur joueur de Châteauroux depuis le début de saison » nous explique Emmanuel Imorou, nouveau responsable communication de la Berrichonne et ancien coéquipier d’Adama Mbengue au Stade Malherbe. Malheureusement, le latéral gauche international sénégalais s’est blessé face à Villefranche Beaujolais lors du dernier match de la phase aller. Et si la durée de son indisponibilité n’a pas encore été communiquée, cela semble être sérieux puisque Châteauroux a déjà engagé un nouveau latéral gauche.

Herman MOUSSAKI (US Boulogne-sur-Mer CO, National 1)

Formé au SMC mais pas retenu par l’actuelle direction, Herman Moussaki a choisi l’été dernier de s’établir pour deux ans supplémentaires à Boulogne-sur-Mer, où il venait tout juste de vivre un prêt convaincant en National. Homme de base du technicien Éric Chelle, récemment remplacé par l’ancien du DFCO Stéphane Jobard, le Franco-Congolais est le deuxième joueur de champ le plus utilisé par son club. Et il est également, à l’échelle du championnat, le troisième joueur ayant subi le plus de fautes et le deuxième ayant disputé le plus de duels aériens.

Petit bémol, son efficacité laisse pour le moment à désirer, avec seulement 2 buts et aucune passe décisive en 15 rencontres et 1.295 minutes sur les terrains de National. Les résultats s’en ressentent, puisque l’USBCO d’un Claudio Beauvue débarqué sur le tard et longtemps convalescent (25 minutes de jeu réparties sur trois matchs) n’a fêté que deux victoires lors de la phase aller et reste vissée à l’avant-dernière place de N1, accusant déjà un retard de six points sur le premier non-relégable. Prochain rendez-vous ce vendredi, à Saint-Brieuc.

Azzedine TOUFIQUI (FC Emmen, D2, Pays Bas)

Arrivé en provenance du Paris Saint-Germain à l’été 2019, Azzedine Toufiqui semblait davantage représenter un pari sur le long terme qu’un investissement immédiat. Maillon fort de l’équipe réserve de Fabrice Vandeputte, le milieu de terrain marocain avait connu deux titularisations en Ligue 2 sous les ordres de Rui Almeida, avant de disparaître complètement des feuilles de match avec l’arrivée de Pascal Dupraz.

Au mois de juillet dernier, il a effectué un essai concluant au FC Emmen, club de deuxième division néerlandaise. Et si la destination pouvait paraître quelque peu surprenante, Azzedine Toufiqui ne doit certainement pas regretter son choix à l’heure actuelle. Après 20 matchs, son équipe culmine à la troisième place du championnat et se trouve toujours dans la course à la montée. Individuellement, l’Hérouvillais n’a raté que la première rencontre, a inscrit deux buts et délivré une passe décisive depuis le début de saison. Et parmi ses deux réalisations, un petit bijou qui se passe tout simplement de commentaires.

Ils ne sont pas épargnés par les blessures

Yacine BAMMOU (Ümraniyespor, D2, Turquie)

2,7 millions d’euros. C’est le montant déboursé par le Stade Malherbe pour s’attacher les services de Yacine Bammou à l’été 2018. Une somme qui représente encore une sacrée énigme, au regard du rendement statistique de l’attaquant marocain au FC Nantes (17 buts en 130 matchs). Si le joueur a certainement pâti de cette somme auprès des supporters, il était tout de même le meilleur buteur du club avec six réalisations la saison dernière. Et ce malgré une grave blessure au tendon d’Achille, qui a mis un terme à sa saison dès le mois de février.

Des pépins physiques récurrents qui n’ont pas empêché le club d’Ümraniyespor (deuxième division turque) de lui offrir un contrat de deux ans. Capable de jouer sur tous les flancs de l’attaque, Bammou évolue principalement au poste d’avant-centre depuis le début de saison. Titulaire lors des premiers matchs avec ses nouveaux partenaires, il s’est de nouveau blessé, loupant huit rencontres de championnat. Il a tout de même marqué trois buts et délivré cinq passes décisives en seulement 10 matchs, et son équipe est leader de deuxième division turque à la trêve.

Anthony WEBER (Reims Sainte-Anne, R1)

Après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle au cours de l’été 2021, l’Alsacien de 34 ans est retourné vivre à Reims, où il avait évolué de 2010 à 2017 et d’où est originaire son épouse. Début septembre, il a fait le choix de ne pas jeter ses crampons et de retrouver le monde amateur en prenant une licence du côté de Reims-Sainte-Anne, deuxième club de la ville évoluant en Régional 1 (sixième niveau). Le défenseur aux 56 matchs officiels avec le Stade Malherbe, qu’il avait rejoint suite à la relégation de 2019, recompose avec Mickaël Tacalfred la charnière qui a fait le bonheur du Stade de Reims lors de la dernière décennie.

Un SDR qu’il a d’ailleurs réintégré dans l’encadrement des équipes de jeunes, pour pouvoir préparer ses diplômes d’entraîneur. Statut amateur oblige, il est difficile de connaître le nombre de rencontres disputées par Weber au sein du premier club de Robert Pirès, mais embêté par son genou qui le faisait déjà souffrir en Normandie, il a manqué sur blessure le derby face au Stade de Reims (perdu 0-1) en 32ème de finale de Coupe de France. La seule certitude, c’est qu’avec onze victoires en onze journées et huit points d’avance sur le deuxième, sauf nouveau gel des compétitions ou improbable craquage, la montée en N3 se profile à l’horizon pour l’ancien compère de Jonathan Rivierez.

Ils peinent à gagner leur place

Aliou TRAORÉ (Parme, Serie B, Italie)

À l’été 2020, Olivier Pickeu dévoilait dans Téléfoot un futur rapprochement avec Manchester United, évoqué lors du prêt d’Aliou Traoré. Début octobre, L’Équipe révélait que le joueur avait refusé l’OM et choisi le Stade Malherbe pour privilégier le temps de jeu, alors que Pablo Longoria le considérait comme « une des plus belles promesses de sa génération à ce poste ». Malheureusement la suite n’a jamais été à la hauteur des espoirs placés en lui en début de saison : sous-utilisé par Pascal Dupraz, placardisé par Fabrice Vandeputte, personne n’a jamais réellement su si son implication sportive ou extra-sportive était la cause d’un tel échec.

Finalement, Traoré a quitté la Normandie dans la même indifférence qu’à son arrivée, le bénéfice du doute en moins. Laissé libre par les Mancuniens à l’issue de la saison, le jeune milieu de 20 ans a fait le choix de rejoindre Parme, fraîchement relégué en Serie B. Régulièrement convoqué dans le groupe professionnel mais irrémédiablement installé sur le banc, le natif de Sarcelles n’a pour le moment foulé les pelouses italiennes qu’à une seule reprise, en entrant à la 79e minute d’une défaite 4-0 à Lecce le 7 novembre dernier. Les coéquipiers de Gianluigi Buffon et de Yann Karamoh sont actuellement 14e de la deuxième division italienne.

Garissone INNOCENT (Paris SG, Ligue 1)

Il y a presque un an, le Stade Malherbe de Pascal Dupraz s’enfonçait dans la crise après une lourde défaite sur la pelouse de Chambly (4-2). Mais ce revers ne revêtait presque plus aucune importance au coup de sifflet final : quelques minutes auparavant, Garissone Innocent s’était écroulé tout seul dans sa surface de réparation. Une grosse frayeur mais plus de peur que de mal pour le jeune gardien, victime d’une crise de tachycardie. Il ne refoulera toutefois plus jamais les terrains de Ligue 2.

Retourné au Paris Saint-Germain cet été, il avait fait l’objet d’un nouveau prêt à Vannes (National 2) pour lancer sa carrière professionnelle. Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu : malgré plusieurs matchs disputés en tant que titulaire (10 au total), l’ancienne doublure de Rémy Riou n’a pas convaincu les dirigeants vannetais, si bien que le club parisien a été contraint de résilier son prêt cet hiver : « Il a eu quelques matches compliqués avec des erreurs. La hiérarchie s’est inversée et nous souhaitions le conserver en tant que doublure. Mais il a préféré repartir au PSG » a expliqué le président breton.

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