Yohan Eudeline : « Certaines critiques sont dures à accepter car elles sont injustes »

crédit photo : Simon Abraham - Malherbe inside
crédit photo : Simon Abraham - Malherbe inside

Ancien joueur du Stade Malherbe entre 2003 et 2006, Yohan Eudeline est revenu dans son club de coeur en tant que directeur sportif à l’été 2019. Après deux saisons et demi difficile, il explique son métier, défend son bilan, répond aux critiques dont il fait l’objet et dessine l’avenir du projet malherbiste. Un entretien fleuve et riche d’enseignements.

Le marché des transferts a fermé ses portes il y a quelques jours, marquant la fin d’une période intense pour un directeur sportif. Comment se déroule votre journée type en période de mercato ?

En période de mercato, je travaille tout le temps. Je peux être en négociations ou en discussions avec des agents tard le soir, voire la nuit. Ma journée type ? Une des premières choses que je fais en arrivant le matin, c’est d’aller voir le coach et le staff. Ensuite, je monte au bureau pour consulter tous les mails et la journée est rythmée par les séances d’entraînement. Le téléphone est toujours à côté de moi parce qu’on est sollicité constamment, pour des joueurs venus de l’extérieur, et pour des joueurs de chez nous qui ont moins de temps de jeu, afin de trouver une solution pour un départ. Évidemment, j’échange quotidiennement avec mon président, le coach et la cellule de recrutement pour avancer sur les joueurs que l’on souhaite.

Concrètement, pouvez-vous nous expliquer votre rôle dans un dossier complexe comme celui de Kélian Nsona, des premières envies de départ jusqu’à son transfert en Allemagne ?

Quand j’arrive au club, Kélian est sous contrat stagiaire. J’ai une discussion avec son agent de l’époque pour signer son premier contrat professionnel, chose qu’on arrive à faire même si ce n’était pas simple. Il était déjà en Équipe de France et avait des sollicitations. La première année, Kélian ne joue pas trop. À l’arrivée de Pascal (Dupraz), il est intégré dans le groupe professionnel. Malheureusement, quand Kélian commence à flamber en début de saison dernière, on sait déjà que l’échéance de son contrat arrive rapidement. Avec son agent et sa famille, j’ai commencé à discuter d’une prolongation depuis un an et demi. Mais à partir du moment où le joueur a d’autres ambitions, c’est compliqué. Il y a eu des discussions presque quotidiennes, par messages ou appels téléphoniques avec l’entourage pour réussir à trouver la solution. Au fil du temps, je me suis aperçu que cela allait être compliqué. Début décembre, j’ai donc demandé un ultimatum à la famille et à l’agent pour être fixé sur le souhait du joueur. On savait qu’au 1er janvier, il pouvait s’engager où il voulait. Je ne souhaitais pas rester dans l’incertitude. Le 10 décembre, la famille me dit que Kélian souhaite s’engager ailleurs. À partir de là, la négociation n’est plus la même. C’est un dossier sur lequel on n’a pas de regrets parce qu’on a tout donné. Pour le prolonger, on ne pouvait pas se permettre d’aller dans des chiffres disproportionnés par rapport au club et au vestiaire.

Comment est structurée la cellule de recrutement du Stade Malherbe ? Avec quels hommes et pour quels rôles ? Axel Lablatinière a été aperçu cet été aux côtés du président Pickeu, a-t-il une fonction particulière auprès du club ?

Sur la cellule de recrutement des professionnels, on est trois : Philippe Leclerc, qui est venu avec le coach en provenance d’Angers, Frédéric Viseux et moi-même qui en suis le responsable. Ils s’occupent de superviser nos adversaires et rédigent des rapports dessus. Ils bossent sur la vidéo et gèrent le recrutement sur la partie Ligue 2 – National 2, et nous regardons également à l’étranger. Les joueurs de Ligue 1, on les connaît tous et ça peut être compliqué financièrement. On n’est pas nombreux mais on essaye d’être le plus efficace possible. Ensuite, Djibi Diao est responsable de la cellule de recrutement des jeunes et a son équipe pour aller sur le terrain. Concernant Axel, il apporte son œil et son expérience. Il connaît bien le milieu et il nous connaît bien. Il est surtout basé sur les jeunes joueurs.

Comment s’établit le processus de recrutement d’un joueur ? Cet hiver, Djibril Diani est arrivé en provenance de Suisse et Goduine Koyalipou était proche de faire le même chemin. Est-ce que cela correspond à une volonté du club de recruter davantage dans ce championnat ?

Ce sont deux joueurs que l’on connaissait depuis leur passage en France. Aujourd’hui en Suisse, Koyalipou ne joue pas. On le suit depuis qu’il était à Niort, c’est quelqu’un que l’on voulait relancer. On l’a suivi et on le suivra encore pour voir comment il évolue. Djibril Diani, c’est un joueur que l’on avait repéré depuis les catégories de jeunes à Lens. À partir du moment où le club recherchait un milieu défensif, il fallait qu’il réunisse tous les critères. On a fait le point avec le coach, puis j’en ai discuté avec la cellule de recrutement. On a établi une liste de joueurs qui pouvaient être intéressants en fonction de nos besoins, puis affiné cette liste en fonction de l’environnement du joueur, du salaire demandé, du montant du transfert… Avec le coach et le président, on définit ensuite les choix prioritaires. Si malheureusement on ne peut pas faire le choix numéro 1 pour des raisons financières, que le joueur ne souhaite pas venir, on passe au numéro 2 puis 3 pour arriver au joueur que l’on souhaite. Par contre, on ne fait pas de choix par défaut. On ne va pas prendre un joueur pour prendre un joueur. Ensuite, il faut se mettre d’accord avec le joueur, le club, l’agent, la famille… c’est beaucoup de discussions.

« Un joueur comme Beka Beka, j’ai fait en sorte de lui faire signer son premier contrat. Et ensuite on l’a vendu 7 millions d’euros, mais ça personne n’en parle ! C’est peut-être la plus belle vente du club et on me parle encore de Isako, de Ngom… »

Yohan Eudeline
Directeur sportif du SM Caen.



Comment se passe votre relation professionnelle avec Olivier Pickeu, et quelle marge de manœuvre vous laisse-t-il sur le plan sportif ?

Olivier s’est occupé du sportif pendant 14 ans à Angers. C’est normal que son expertise sur le sportif reste importante aujourd’hui même en tant que président. J’ai des échanges au quotidien avec lui. J’ai ma zone de travail et Olivier est là pour m’accompagner en cas de besoin sur une négociation qui peut être compliquée par exemple. On est un club, une équipe qui fonctionne ensemble. Quand on recrute un joueur, ce n’est pas le choix du directeur sportif. Chez nous, il est validé par tout le monde : le président, le directeur sportif, le staff, les actionnaires… et ce sont les deux derniers qui ont le mot de la fin. Un joueur qui arrive sans que le coach ne soit au courant, ça n’existe pas ici.

Quand les résultats ne vont pas, on a tendance à chercher les responsables. Les supporters remettent souvent en cause certains choix de recrutement…

Quand je suis arrivé dans le projet il y a trois ans, il y avait 48 joueurs sous contrat professionnel. Aujourd’hui, on est à 30 joueurs sous contrat pro, donc 18 en moins. Sachant qu’il y a plusieurs coachs qui sont passés, donc il a fallu beaucoup recruter pour répondre à leurs besoins. Il y a une masse salariale qui était à 15 millions d’euros et qui a été largement réduite. Il y a aussi eu des jeunes joueurs qui sont passés professionnels et qui sont importants dans le projet : Brahim Traoré, Kélian Nsona, Alexis Beka Beka, Nicholas Gioacchini, Hugo Vandermersch, Sullivan Péan, Brahim Traoré, Andréas Hountondji… On m’a reproché beaucoup de choses sur les jeunes joueurs qui n’avaient pas le niveau. Mais les joueurs que j’ai fait signer jouent aujourd’hui, ceux qui avaient signé avant ne jouent pas. Beaucoup de jeunes avaient déjà signé pro avant que j’arrive. À l’inverse, plusieurs éléments qui avaient de la qualité comme Hugo Vandermersch n’avaient pas été protégés. Un joueur comme Beka Beka, j’ai fait en sorte de lui faire signer son premier contrat. Et ensuite on l’a vendu 7 millions d’euros, mais ça personne n’en parle ! C’est peut-être la plus belle vente du club et on me parle encore de Isako, de Ngom… J’aimerais que l’on parle du positif et pas que du négatif.

Trouvez-vous que les critiques sont disproportionnées ?

Certaines critiques sont dures à accepter car elles ne sont pas justes. Je me rappelle que des supporters avaient fait une pétition contre moi car on n’avait pas conservé Jad Mouaddib… On est jugé sur un joueur qui vient et qui ne réussit pas. Mais il faut que les gens comprennent qu’on ne peut pas toujours faire le choix numéro 1, ni le choix numéro 2, ni le choix numéro 3… Ça ne veut pas dire qu’on ne veut pas les joueurs qui sont dans le projet, bien évidemment. Mais on s’adapte par rapport à ce qu’il est possible de faire à l’instant T en fonction de nos moyens et de la volonté du joueur de venir nous rejoindre. On est dans un métier où tout est amené à être jugé, quoi que l’on dise et quoi que l’on fasse. Souvent, les gens n’ont pas tous les éléments. À un moment donné, il faut juger par rapport à ce qui a été fait avant. On aurait tous aimé que les résultats viennent plus vite. Mais aujourd’hui, on a la chance d’avoir un coach et un staff de top niveau qu’il faut laisser travailler. Je répète depuis trois ans qu’il faut être patient. À mon arrivée, je n’ai jamais dit que le club allait remonter en un, deux ou trois ans. Ce n’est jamais sorti de ma bouche, ou alors il faut me retrouver les articles. J’ai dit que je venais ici pour reconstruire et qu’on serait ambitieux.

Finalement, est-ce que ce n’est pas surtout le premier mercato qui a terni votre image ? Beaucoup de joueurs n’ont pratiquement jamais joué comme Isako, Ngom, Diaw, Toufiqui…

Je peux expliquer ces choix. Quand Rui Almeida arrive, il voulait absolument Santy Ngom qu’il avait déjà ciblé lorsqu’il était à Troyes. J’ai fait le nécessaire pour que Santy soit avec nous. Le nouveau coach voulait également un défenseur central supplémentaire pour jouer à trois derrière. Je connaissais Djibril Diaw depuis Angers et il y avait la possibilité de le faire en prêt, donc on a avancé dans ce sens. Isako, Rui Almeida en faisait sa priorité à ce poste. Mais si le coach me demande un joueur et que je lui dis « Non non, on ne le fait pas », il va me dire qu’on ne peut pas travailler ensemble ! Les gens doivent comprendre qu’il y a un entraîneur derrière et que je dois aussi trouver des solutions par rapport à ce qu’il souhaite. Il y a des joueurs que l’on ne peut pas faire. Mais Isako, on pouvait le faire et le coach le voulait, j’ai accepté que ce soit sa priorité. Ce qu’il ne faut pas oublier non plus, c’est que lorsque j’arrive en 2019 pour reprendre le club, on est au mois de mai, une semaine avant le dernier match de championnat contre Bordeaux. Avant ça, je n’ai pas travaillé sur le recrutement du SM Caen parce que je ne savais pas que j’allais arriver au club. Tout ce qu’on a fait pour préparer cette saison-là, on l’a fait sans anticiper les choses. Je suis arrivé tardivement dans un nouveau projet que je ne connaissais pas, après une descente en Ligue 2. Et derrière, la communication du club était : « on va remonter en Ligue 1 ». Ce n’est pas possible, ça n’existe pas. Il aurait fallu dire dès le départ que c’était un projet à long terme.

Il y a aussi certains choix internes qui interrogent. Jonathan Rivierez aurait pu quitter le club cet hiver alors qu’il a prolongé de deux ans en fin de saison dernière, malgré des performances décevantes. Qu’est-ce qui a guidé cette décision ?

Pour Jonathan Rivierez, on ne le communique pas tout de suite mais on prolonge son contrat en octobre 2020. À ce moment-là, il est capitaine de Pascal Dupraz et il est très bon. Vous pouvez reprendre ses matchs. Collectivement, on est à la deuxième place du classement après notre victoire face au Havre. À ce moment-là, Pascal souhaite prolonger Jonathan, car c’était son capitaine, qu’il est un des cadres dans le vestiaire et qu’il était en fin de contrat à l’issue de la saison. On ne savait pas que cela se passerait comme ça avec Pascal, que l’on aurait une deuxième partie de saison aussi horrible. On voulait sortir l’information au meilleur moment possible et on a attendu un petit peu avant de l’annoncer. Ensuite, on est parti dans une spirale très négative où on ne pouvait plus l’annoncer, alors que le joueur avait déjà prolongé depuis longtemps…

« Si le coach me demande un joueur et que je lui dis non, il va me dire qu’on ne peut pas travailler ensemble ! Les gens doivent comprendre qu’il y a un entraîneur derrière et que je dois aussi trouver des solutions par rapport à ce qu’il souhaite. »

Yohan Eudeline
Directeur sportif du SM Caen.



Concernant les recrues du mercato d’été 2022, y’a-t-il un espoir pour conserver Nuno Da Costa et Mehdi Chahiri au-delà de cette saison ? Pour Franklin Wadja, peut-on parler d’un pari raté ?

On est contents de Nuno Da Costa et déçus que Mehdi se soit blessé. Je pense qu’on n’a pas encore eu un garçon comme Nuno à 100% parce qu’il a été embêté par des pépins physiques. Pour Mehdi, on aura une discussion avec lui et son club le moment venu mais ce n’est pas encore le bon timing pour parler de la saison prochaine. Concernant Franklin, on savait qu’il sortait d’une période de deux ans sans jouer. Quand on l’a pris, ce n’était pas un pari mais on avait besoin d’un profil comme ça au milieu de terrain. On voulait le remettre en santé. En début de saison il a fait des matchs intéressants. Il a été sollicité par Lausane, mais à aucun moment on l’a mis dehors comme j’ai pu l’entendre. Il voulait rejoindre le club suisse mais malheureusement il y a eu un pépin physique lors de la visite médicale. En plus, il s’entraînait sur un synthétique à Lausanne donc il n’avait pas envie.

Vous êtes aujourd’hui encore un jeune directeur sportif, et on pointe parfois votre manque d’expérience. Comment se fait-on un réseau à ce poste ?

Quand je suis arrivé, on m’a défoncé parce qu’apparemment je n’avais pas de réseau. Mais ça faisait juste 15 ans que j’étais joueur, donc du réseau j’en avais un petit peu. Après, j’ai travaillé au recrutement avec Olivier Pickeu qui m’a pris sous son aile pendant quatre ans à Angers. Donc le réseau, je l’avais en arrivant et je l’ai aujourd’hui. J’essaye de respecter tout le monde, de répondre à tout le monde. Si je veux aller sur un joueur dont je ne connais pas l’environnement, je vais vers les personnes et on apprend à se connaître. Ils s’aperçoivent que je suis quelqu’un d’honnête, droit et sérieux et le réseau se crée naturellement. Quand chaque année il y a des dizaines de joueurs qui quittent le club car il faut leur trouver une porte de sortie, c’est qu’il y a un réseau et du travail derrière.

Quelle est la signature dont vous êtes le plus fier depuis votre arrivée au club ?

Ibrahim Cissé, parce que c’était un dossier très compliqué. Je l’ai bouclé à 23h45 le dernier jour du mercato d’été. Au départ, les premières infos que j’avais du joueur étaient qu’il pouvait partir libre de Dunkerque suite à un accord avec sa direction. Sauf qu’on s’est vite aperçu que ce serait compliqué de le recruter libre et on est rentré dans une longue négociation de plus d’un mois. C’était difficile pour nous, pour Ibra et pour le coach qui attendait le joueur. Ça a été le dossier le plus complexe à gérer mais c’était une priorité pour nous de l’avoir à ce poste-là, et on a réussi.

À l’inverse, quel est votre plus grand regret sur un dossier que vous étiez proche de conclure et qui n’a finalement pas pu se réaliser ?

Mon plus grand regret, c’est sans aucun doute Randal Kolo Muani (à l’été 2020 NDRL). Je le connaissais un petit peu à Nantes et j’attendais qu’il aille en National pour voir comment il allait évoluer. Une fois prêté à Boulogne, il a fait des choses exceptionnelles donc je me suis vite mis sur le dossier. Il y a eu de grosses discussions avec son agent et sa famille. Le dossier était bien avancé, j’ai rencontré Randal. Malheureusement, au moment où ça aurait pu se conclure, il a attrapé le Covid. À son retour de convalescence, il y a eu d’autres joueurs positifs à Nantes et l’entraîneur a utilisé Randal car il y avait du monde sur le carreau. À partir de là, je savais que c’était fini. Quand il a commencé à jouer, j’étais certain qu’il mettrait tout le monde d’accord. S’il y a un gros regret c’est celui-là, car j’avais l’accord de tout le monde.

Le club a annoncé un plan de remontée en Ligue 1 sur les trois prochaines années. Le recrutement va-t-il monter en puissance grâce à la vente de certains joueurs (Beka Beka, Lepenant…) ? Quelle est la stratégie pour les deux saisons à venir ?

En arrivant il y a trois ans, je savais que le club avait des difficultés financières. Quand c’est comme ça, tu sais que tu ne vas pas pouvoir prendre tous les joueurs que tu souhaites. Il faut l’accepter. Le coach a un projet de vie et un projet de jeu. Il faut se rapprocher le plus possible de ce qu’il souhaite. Dans l’idéal, 22 joueurs de champ + trois gardiens. Nous avons besoin d’un groupe encore plus fort pour jouer le haut de tableau. Il va falloir affiner les troupes avec des joueurs qui connaissent le championnat et qui apportent une plus-value. Il faut aussi que les joueurs prennent conscience d’une chose fondamentale : quand on porte le maillot du Stade Malherbe, il faut se mettre minable pour le club. On doit haïr la défaite, haïr de perdre un duel. Ça doit être difficile de venir gagner à d’Ornano. Il faut que l’état d’esprit des joueurs soit irréprochable, c’est quelque chose à intégrer quand on signe au Stade Malherbe. La qualité technique, ça viendra après. Quand j’entends Stéphane dire qu’on ne peut pas faire une saison avec trop de jeunes joueurs, je suis totalement d’accord avec lui. J’ai fait une carrière en Ligue 2 et les fois où j’ai pu monter, c’était avec une équipe très expérimentée et qui connaissait le championnat par cœur.

« Quand je suis arrivé, on m’a défoncé parce qu’apparemment je n’avais pas de réseau. Mais ça faisait juste 15 ans que j’étais joueur, donc du réseau j’en avais un petit peu. »

Yohan Eudeline
Directeur sportif du SM Caen.



Avez-vous déjà commencé à travailler sur la saison prochaine ?

Bien sûr. La préparation de la saison prochaine a commencé avant même le mercato hivernal. On travaille déjà avec la cellule de recrutement pour savoir quels joueurs seraient susceptibles de nous rejoindre. On est souvent en concurrence avec d’autres clubs sur certains dossiers, c’est pour cela qu’il ne faut pas perdre de temps. On contacte d’abord les joueurs libres. Les agents peuvent aussi nous contacter pour des joueurs sous contrat. Ensuite, on travaille à la vidéo et on va voir les matchs avec la cellule de recrutement pour se faire un avis plus précis.

Le Stade Malherbe vient de nouer un partenariat avec la base de données « Stat Perform ». Comment cette plateforme peut-elle influencer votre quotidien et envisagez-vous de travailler avec la data ?

Nos recruteurs travaillent avec la data. Ça peut être une bonne chose mais il faut pouvoir la maîtriser parfaitement pour aller plus loin. Je ne suis pas contre mais il faut quelqu’un qui maîtrise en profondeur les logiciels et les données. Ce serait top d’avoir un spécialiste avec nous. Ceci dit, rien ne remplace les yeux. Stat Perform va venir en complément de notre travail, pour être plus efficace dans ce que l’on recherche.

Le Stade Malherbe vit une période difficile depuis plusieurs années. Est-ce possible de convaincre un joueur sollicité de rejoindre un club qui vit sa troisième saison de lutte pour le maintien en Ligue 2 ?

Pour tout dire, j’ai ressenti un manque d’attractivité la première année quand je suis arrivé. C’était même infernal. J’appelais les joueurs et même les coachs, personne ne voulait venir dans le projet. Ça m’a fait mal car je venais tout juste d’arriver et c’est quand même le Stade Malherbe Caen. Aujourd’hui, je sens que c’est complètement différent. Il y a des actionnaires qui sont arrivés, un président connu et reconnu en France, un coach et un staff également reconnus. On sent beaucoup plus de stabilité. Pour les recruteurs, c’est plus facile de travailler dans ces conditions. Il y a quelque temps, les gens ne voulaient même pas écouter le projet car ils sentaient que c’était instable avec les changements de présidents, d’actionnaires…

Quelle est la politique du club auprès des jeunes, et quel rôle occupez-vous dans la passerelle entre centre de formation et effectif pro ?

Ce qui est compliqué aujourd’hui, c’est que dès qu’un joueur fait son premier entraînement avec les professionnels, j’ai l’agent qui m’appelle le soir même pour me dire qu’il faut le faire signer. À un moment donné, il faut se calmer. Le coach a parfois simplement besoin d’un joueur sur une séance. On essaye de mettre en place une politique claire par rapport aux jeunes joueurs. Même s’ils doivent signer un premier contrat pro, ils savent très bien qu’ils peuvent aller avec la réserve malgré leur statut professionnel. On les protège, on les sécurise, mais ce n’est pas pour ça qu’ils deviennent automatiquement des professionnels. C’est juste un bout de papier. Norman Bassette va signer son premier contrat pro, mais j’ai été clair avec tout le monde : il fera sûrement beaucoup de matchs et d’entraînements avec la réserve. On va l’accompagner et si ça va plus vite que prévu, tant mieux ! Ce sera bénéfique pour tout le monde…

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