Emmanuel Imorou : « L’apothéose, c’est la victoire 3-0 contre Lyon »

Caen Lyon Imorou

Ancien latéral gauche du Stade Malherbe entre 2014 et 2019, Emmanuel Imorou a annoncé sa retraite ce vendredi matin. Également apprécié des supporters caennais pour son accessibilité sur Twitter, il raconte ses meilleurs souvenirs mais aussi ce qui a moins bien marché durant son passage en Normandie.

Tu viens d’annoncer la fin de ta carrière à seulement 32 ans. Pourquoi maintenant ? 

C’est lié à la tournure des choses par rapport au club où je suis actuellement (Thonon Evian FC NDLR). Même si j’étais en amateur, j’étais dans un projet, des conditions, un cadre de vie et un cadre d’entraînement professionnels. Mais aujourd’hui, c’est de moins en moins le cas, en raison de certains événements qui se sont passés au club. Je n’ai pas forcément envie de ça. Soit je fais quelque chose dans des conditions professionnelles, soit je ne le fais pas. Comme ce n’était pas possible pour moi de retrouver un club pro ou un challenge intéressant, j’ai décidé d’arrêter.

Rentrons dans le vif du sujet : tu as passé quatre saisons au Stade Malherbe, quel est ton meilleur souvenir sur cette période ?

Mon meilleur souvenir, ce n’est pas forcément un événement en particulier. On va dire que c’est toute la deuxième partie de saison 2014-2015. Il y a les matchs au Parc et au Vélodrome où l’on est menés 2-0 et on arrive à faire nul à Paris et gagner à Marseille. Il y a aussi la série de matchs sans défaites qui nous fait remonter au classement. Mais je pense que l’apothéose, c’est la victoire 3-0 contre Lyon, qui nous assure quasi définitivement le maintien. En plus, face à une équipe de Lyon qui est au top à ce moment là et se bagarre pour le titre de champion de France. C’est cette période qui a été la meilleure collectivement et d’un point de vue individuel.

La saison 2014-2015 a également beaucoup marqué les supporters malherbistes. Comment expliques-tu une telle différence entre l’équipe de la première partie et celle de la seconde partie de saison ? 

C’est l’une des rares fois où l’apport du préparateur mental a été positif. On a pu vider notre sac. J’ai souvenir d’une réunion à Lille où chacun a dit ce qu’il avait à dire, par rapport à ce qui n’allait pas avec le coach notamment. Je sais que ça, ça m’a fait du bien. Après, il y a aussi le fait que l’on n’avait plus rien à perdre. Du coup, on s’est lâchés. Les recrues nous ont également fait du bien en étant performantes. Que ce soit Nico (Benezet), Emiliano (Sala) ou même Slo (Privat) qui a beaucoup plus joué sur la seconde partie de saison même si ce n’était pas une recrue. Pareil pour Thomas Lemar qui met un but ultra important à Nantes. C’est tout un assemblage de choses. Après les victoires contre Reims (4-1) et Rennes (1-4), on s’est dit qu’il y avait un vrai truc à faire. Dans le foot, c’est souvent une histoire de confiance et de cycle. Quand tu es en confiance collectivement, ça rejaillit sur chaque individualité et tout s’enchaîne plus facilement. Ça a même continué la saison suivante où l’on a réussi à finir 7e.

Justement, en 2015-2016, Malherbe est sur le podium une grande partie de l’année et termine à 4 points de la 6e place synonyme de Ligue Europa. Vous auriez pu aller chercher l’Europe cette saison là ?

Quand tu abordes les matchs avec l’objectif de jouer l’Europe, tu n’abordes pas les matchs de la même façon que quand tu te dis : “C’est cool, on est 7e et maintenant c’est du bonus”. On avait évoqué l’Europe entre nous et même avec le coach lors d’une réunion. Mais c’était vraiment du bonus. Sauf qu’à la fin, quand les points comptent vraiment, c’est plus compliqué face aux autres équipes dont c’est réellement l’objectif. Il ne nous a pas manqué grand chose. Sur la fin de saison, on rentrait aussi dans une période où le relationnel entre les joueurs et le coach a commencé à se détériorer. Mais par rapport à cette saison là, je n’ai pas du tout de regrets parce que 7e à Caen, c’est déjà très bien.

Qu’est-ce qu’il t’a manqué personnellement pour franchir un palier ? Est-ce que tu aurais pu aller plus haut que Caen ?

Forcément, il y a eu les blessures. Sur ma deuxième saison, j’en cumule au moins trois ou quatre, dont la dernière avec rupture partielle du tendon d’Achille. C’est compliqué d’être régulier quand tu ne peux jouer que trois matchs d’affilée. Après, sur la saison suivante, je ne jouais plus aussi en raison des choix du coach. Je pense que j’aurais pu partir à l’été 2015. Après ma première saison, j’ai eu quelques contacts avancés avec Saint-Etienne, Bordeaux, Lille. Mais ma volonté première, c’était de m’installer à Caen et de confirmer une seconde saison. Je n’étais pas dans l’optique de partir pour partir même si c’était des clubs plus huppés. Je n’ai aucun problème avec ça. Je ne regrette pas de ne pas avoir fait le forcing pour partir à tout prix, parce que j’étais bien à Caen tout simplement.

Tu as côtoyé de sacrés joueurs lors de ton passage au Stade Malherbe (Kanté, Lemar, Féret, Delort, Santini…). Mais si tu devais n’en choisir qu’un, quel joueur t’a le plus impressionné ?

Si je devais n’en choisir qu’un ce serait Thomas Lemar. Déjà parce que je ne le connaissais pas en arrivant, à l’inverse d’un mec comme Julien Féret, que j’adore en tant que joueur. Mais Thomas, c’est vraiment celui qui m’a le plus impressionné à l’entraînement. La première semaine quand je suis arrivé, mon agent m’a demandé s’il y avait des joueurs susceptibles de l’intéresser. Je lui ai dit directement : “Franchement, Thomas Lemar, c’est un monstre.” Il y a eu d’autres très bons joueurs, mais celui qui était au-dessus, c’était lui. Malheureusement, on avait peu le ballon, on jouait le contre, et le style de l’équipe ne correspondait pas forcément à son profil. Mais on l’a vu après à Monaco, il a explosé avec une équipe qui avait la possession. C’est vraiment le type de joueur que j’adore. Après forcément, il y a Ngolo Kanté. Mais Ngolo, c’est davantage sur le long terme. C’est à force de jouer avec lui que je me suis rendu compte de l’étendu de ses qualités.

On arrive désormais aux choses moins réjouissantes avec la relégation du club en 2019. Pour quelles raisons cela n’a pas marché pour Malherbe cette saison là ? 

Il y a beaucoup de raisons. Déjà, avec les changement au sein du club, ce n’était pas un environnement sain. Ensuite, pas mal de joueurs cadres nous ont quittés et n’ont pas été remplacés. On a perdu des meneurs d’hommes et des joueurs de caractère. Mais quand tu joues le maintien, c’est essentiel d’avoir ça. Rémy Vercoutre avait une grande gueule et ça en énervait certains, mais je pense que s’il avait été là, on ne serait peut-être pas descendu lors de cette saison. Au début de saison, on jouait plutôt bien et du jour au lendemain, à cause de quelques défaites, on a changé nos principes pour se consacrer à défendre. Alors que je suis persuadé que sur le long terme, notre manière de jouer aurait payé. Pour moi, le fait de se dire “on est costauds, tous derrière, on ne prend pas de buts”, ce n’est pas quelque chose qui marche pour se maintenir. Il y a aussi eu beaucoup de conflits en interne entre les joueurs. Même si on a fini par y croire parce qu’on est bien revenu sur la fin, on partait de trop loin et la relégation est logique finalement.

Et maintenant, à quoi va ressembler la suite pour toi ?

J’aimerais terminer la formation de community manager que j’ai commencé il y a environ un an et demi. Normalement, je serai diplômé au mois de juillet. Ensuite, dans l’idéal j’aimerais travailler avec un club sur un poste en rapport avec la communication. J’ai quelques touches mais je ne peux rien révéler pour l’instant !

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