Il y a six ans, Malherbe faisait la Une de L’Équipe après sa victoire à Marseille !

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“La sensation Caen”. C’est ainsi que titrait le journal L’Equipe le 28 février 2015 au lendemain du succès retentissant des Caennais face à l’OM de Marcelo Bielsa (2-3). En ces temps difficiles pour le Stade Malherbe, rien de tel que d’ouvrir la boîte à souvenirs pour un match qui a définitivement marqué l’histoire du club.

Janvier 2015. Après une première partie de saison délicate, les joueurs de Patrice Garande possèdent seulement 15 points à la trêve et sont déjà condamnés à la Ligue 2 par la plupart des observateurs. Malgré un match courageux, la défaite sur la pelouse de Lille pour le premier match de la phase retour ne va pas arranger les affaires normandes. Mais entre temps, la direction a fait appel à un certain Gérard Baglin, préparateur mental et spécialiste du coaching en entreprise, afin d’apaiser les relations au sein du vestiaire et de puiser les ressources nécessaires à une remontée fantastique. Nicolas Bénézet et Emiliano Sala sont également venus garnir les rangs durant ce mercato d’hiver. Et ce qui paraissait impossible va finalement se produire : les rouge et bleu vont enchaîner une formidable série de six victoires et un nul contre Reims (4-1), Rennes (1-4), Saint-Etienne (1-0), Toulouse (2-0), Paris (2-2) et Lens (4-1) avant de s’imposer sur la pelouse de Marseille (2-3). Si le match au Parc des Princes avait déjà marqué les esprits, le succès caennais au Vélodrome a eu le mérite de se construire à 11 contre 11. Il a pourtant mis du temps à se dessiner.

Un début de match à l’avantage de l’OM

Pour cette rencontre, les Caennais retrouvent Sebastien Desiage, un arbitre dont ils ne gardaient pas d’excellents souvenirs : c’est ce même arbitre qui avait décidé de siffler penalty et d’expulser Dennis Appiah face à Lille (0-1, 2e journée), après un tacle pourtant parfaitement exécuté, précipitant la défaite du SM Caen sur la pelouse du Mans. Et les joueurs de Patrice Garande ont dû croire à un acharnement quand l’homme en noir a désigné le point de penalty sur la première incursion marseillaise dans la surface de réparation : “Dennis, désolé pour ce qui s’est passé en août. Ce soir, ça va bien se passer, ensemble” se souvient avoir expliqué Monsieur Desiage dans les couloirs du stade au début de la rencontre. “Mais dès la première minute, j’ai sifflé un penalty contre Caen… Certains joueurs m’ont dit que je leur en voulais. Sauf que, cette fois, j’avais raison”. C’est le 13e penalty concédé par les Malherbistes, un record en Europe cette saison. Et Rémy Vercoutre est peu en réussite, avec un seul arrêt dans l’exercice. Pourtant, l’ancien gardien lyonnais va parvenir à repousser la tentative de Michy Batshuayi. Un signe que cette soirée s’annonçait encore un peu plus folle que les autres.

Dans le jeu, les Olympiens dominent globalement la première période. Les Caennais parviennent toutefois à placer plusieurs banderilles grâce à des contre-attaques foudroyantes, le plus souvent par l’intermédiaire de Lenny Nangis et Hevé Bazile. Mais quand Mandanda n’est pas sur la trajectoire, c’est le poteau ou les défenseurs qui viennent suppléer le portier marseillais. Malheureusement, les deux compères de l’attaque précédemment cités doivent céder leur place sur blessure au cours de ce premier acte. Nicolas Bénézet et Thomas Lemar les remplacent. Après 45 minutes animées de part et d’autre, les Marseillais vont ouvrir le score dans le temps additionnel de la première mi-temps (45e+3) : André Ayew suit parfaitement une frappe de Dimitri Payet repoussée par Vercoutre. Les Normands rentrent donc aux vestiaires avec un but de retard, et la seconde période ne démarre pas sous les meilleurs hospices : André-Pierre Gignac reprend une frappe pourtant une nouvelle fois bien repoussée par Vercoutre, et donne une avance plus confortable à son équipe. 2-0 à l’heure de jeu, on se dit alors que les marseillais ont définitivement plié le sort de cette partie.

Trois buts marqués en 20 minutes

C’était sans compter sur la force de caractère phénoménale des caennais en ce début d’année 2015 : “Ce score ne reflétait pas la physionomie du match. On s’était procuré énormément de situations dangereuses avec une barre et deux ballons sauvés sur la ligne. Les Marseillais aussi d’ailleurs. Ça aurait pu finir à 5-5” se souvient Nicolas Seube, sur le site officiel du club. Et c’est le capitaine caennais lui-même qui va sonner la révolte : sur un corner tiré rentrant par Thomas Lemar, ce héros coupe au premier poteau et glisse le ballon sous la barre de Steve Mandanda (2-1, 67e). Quelques instants plus tard, parfaitement servi en profondeur par Ngolo Kanté auteur d’un match phénoménal, Emiliano Sala s’en va battre le portier olympien du plat du pied droit (2-2, 70e) . Incroyable mais vrai : les Caennais ont refait leur retard en moins de cinq minutes. Et ils ne vont pas s’arrêter en si bon chemin : entré en cours de match en remplacement de Lenny Nangis, Nicolas Bénézet va se charger d’ajouter un troisième but, à trois minutes de la fin du temps réglementaire. À la réception d’un nouveau ballon de Kanté, il s’engouffre balle au pied dans la défense de l’OM avant de décocher une lourde frappe dans la lucarne opposée de Steve Mandanda.

Le Vélodrome est abasourdi. Malherbe mène 3-2 et empoche les trois points au terme d’un scénario totalement fou. Qui aurait pu imaginer les Caennais capables de renverser la situation sur le terrain d’un candidat au titre pendant la dernière demi-heure du match ? Personne, mis à part les Caennais eux-mêmes, sans doute. L’équipe de Partrice Garande enchante les observateurs, et la presse nationale est sous le charme du jeu déployé par les Malherbistes depuis le début de l’année. Si bien que le journal L’Equipe va décider de consacrer sa Une au club normand pour la première fois de son histoire : “C’est plutôt plaisant. Pour une fois, ce n’était pas la défaite de Marseille qui avait été mis en avant, mais la victoire de Caen. Et c’est suffisamment rare pour être souligné” conclut Nicolas Seube. Une époque qui semble désormais lointaine, maintenant…

Marseille 2-3 SM Caen

Buts : Ayew (45e) et Gignac (62e) pour Marseille. Seube (67e), Sala (70e) et Bénézet (87e) pour Caen.

Marseille : Steve Mandanda – Brice Dja Djédjé, Rod Fanni, Jérémy Morel, Benjamin Mendy – Giannelli Imbula, André Ayew, Lucas Ocampos, Florian Thauvin, Dimitri Payet – Michy Batshuayi. Entraîneur : Marcelo Bielsa.

SM Caen : Rémy Vercoutre – Dennis Appiah, Alaeddine Yahia, Felipe Saad, Emmanuel Imorou – Nicolas Seube, N’Golo Kanté, Julien Féret (cap) – Lenny Nangis, Emiliano Sala, Hervé Bazile. Entraîneur : Patrice Garande.

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